La France en libertés surveillées

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Sous le titre « La France en libertés surveillées, la République en danger », un livre noir élaboré par le Parti socialiste dresse un état des lieux inquiétant des atteintes aux libertés en France, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

Cette analyse froide des faits, des lois et autres décisions juridiques, des politiques menées, évoque irrésistiblement une mécanique sécuritaire qui se met en place par touches successives.

La France en « libertés surveillées », les mots ont leur poids : les libertés sont encore là, mais chacune a été progressivement mise sous tutelle et on a le sentiment que dans notre pays, il faut aujourd’hui bien peu de choses pour que le simple citoyen bascule dans la sphère policière, judiciaire ou pénale. La liste des atteintes aux libertés est impressionnante et concerne aussi bien les libertés individuelles que les droits démocratiques et sociaux. C’est presque toujours sur des impératifs de sécurité que la droite gouvernementale s’appuie pour restreindre le champ des libertés, comme s’il fallait choisir entre notre sécurité et nos libertés.

C’est l’augmentation des risques, de la violence ou de la menace terroriste qui justifieraient, selon Nicolas Sarkozy, l’empilement de mesures sécuritaires : constitution de fichiers croisés, instauration de peines planchers, loi de rétention de sûreté, banalisation, dévoiement et explosion du nombre de gardes à vue, fouilles au corps de collégiens avec chiens renifleurs… Et pour quels résultats ? Une hausse spectaculaire des délits et surtout des violences.

Pour nous au contraire, c’est l’obsession du chiffre, le mépris de la prévention, le démantèlement de la police de proximité et l’inégalité territoriale dans la répartition des moyens mis en oeuvre par le pouvoir actuel qui tournent le dos à une réduction effective de la délinquance et à l’amélioration de la sécurité à laquelle a droit chaque citoyen.

Si Nicolas Sarkozy utilise les impératifs de sécurité pour restreindre les libertés individuelles, il s’attaque également aux libertés collectives, aux contre‐pouvoirs sous couvert d’une pseudo‐recherche d’une plus grande efficacité et d’une diminution des coûts.

C’est ainsi que le droit d’amendement de l’opposition au Parlement constitue pour lui un frein à l’adoption rapide d’un texte de loi. De la même façon, les droits de la défense et les procédures d’instruction rendent moins rapide l’appareil judiciaire. Quant à la nomination des dirigeants du service public de l’audiovisuel, elle peut être simplifiée si elle ne dépend plus que de l’avis du chef de l’État. Dans ce moment de recul généralisé des libertés, tous les contre‐pouvoirs se trouvent ainsi menacés.

Michèle OUZIEL, Marie IANNELLI

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