CM 23 février 2012 à Montrouge – Une adjointe au maire démissionne

Lors de la séance du conseil municipal du 23 février 2012, Madame Belheur, a annoncé sa démission de sa fonction de maire-adjointe, déléguée à la santé et au personnel.
Elle a expliqué sa démission par une déclaration faite devant le conseil municipal. Le compte rendu de cette séance n’ayant repris que très brièvement sa déclaration, Madame Belheur a demandé au Maire de la publier intégralement dans un nouveau compte rendu. Le Maire a refusé. J’ai donc proposé à Madame Belheur de publier sa déclaration sur mon site et sur celui du Parti socialiste de Montrouge, ce que Madame Belheur a accepté.
Cette publication n’implique aucun engagement de la part de Madame Belheur, ni de ma part. Il s’agit simplement de permettre à une élue qui évoque des questions importantes pour notre ville de pouvoir s’exprimer. C’est une question de démocratie.
Wilfrid VINCENT
Président du groupe « La Gauche à Montrouge »
La déclaration d’Anne Belheur…
Intervention de Anne Belheur
Conseillère municipale de Montrouge
Conseil municipal du 23 février 2012
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Chères Montrougiennes, chers Montrougiens
C’est avec beaucoup d’émotion mais aussi une détermination sans faille, que j’ai décidé de démissionner de ma fonction de Maire-adjointe, déléguée à la santé et au personnel de Montrouge. Cette décision n’a pas été facile à prendre car j’éprouve du respect pour l’autorité que vous incarnez mais aussi car j’ai trouvé fraternité et amitié auprès de certains collègues de l’équipe municipale.
Cependant, si le travail accompli dans le cadre de ma délégation à la santé, en partenariat avec l’équipe du CMS a permis l’émergence d’un projet construit dans la confiance, de profondes divergences liées à un conflit de valeurs relatifs à la gestion des ressources humaines de la ville m’ont conduite à prendre cette décision, en vertu de ma conscience et de ma fidélité à mes convictions.
Pendant presque quatre ans, depuis mon élection et jusqu’à maintenant, j’ai voulu me donner la chance de pouvoir transformer les choses, de faire évoluer le management vis-à-vis du personnel de la commune, de porter une politique aux méthodes éprouvées, centrées sur le principe du gagnant/gagnant et celui d’égal respect entre l’employeur et le salarié. J’ai constaté différents dysfonctionnements dans les services et n’ai été entendue, ni lorsque je les ai rapportés, ni lorsque j’ai proposé des solutions pour identifier leurs causes, avec des méthodologies d’actions pour y remédier.
Le pouvoir en lui-même, ses attributs et ses avantages ne m’intéressent pas. En revanche, j’ai toujours recherché « le pouvoir agir », or au regard du temps écoulé, j’estime ne pas avoir eu la latitude nécessaire pour justement, « pouvoir agir » comme je le souhaitais et sais maintenant que je ne l’aurais pas plus à l’avenir.
J’ai temporisé, peut-être un peu trop longtemps, pensant que l’on pouvait faire partie d’une équipe municipale malgré des origines politiques différentes et que ce positionnement n’était pas incompatible avec l’action locale. Peut-être est-ce la limite stratégique du Modem, auquel je n’adhère plus depuis deux ans et qui pour construire sa légitimité, avait besoin d’élus, alliés de toutes parts à gauche et à droite? Sans doute me suis-je trompée car l’aventure me tentait. Mais je ne regrette rien car cette expérience m’a beaucoup appris et qu’elle me renforcera dans mon nouveau rôle. Je reste en effet, élue conseillère municipale et compte bien continuer à m’investir pour Montrouge, en exerçant les nouvelles responsabilités qui désormais m’incombent.
Enfin dans le monde implacable où nous vivons, où les gens, parfois tant éprouvés par leurs conditions de vie et la nécessité de simplement survivre, n’ont aucun choix et bien qu’on ne puisse pas comparer la vie professionnelle à celle de l’élu, je suis consciente que je bénéficie d’un immense privilège : celui d’avoir le droit, la possibilité et la chance, d’exprimer mon désaccord en toute liberté.
C’est donc dans l’état d’esprit d’une femme totalement libre, fière de ses engagements et de ses idées, que je renonce aux fonctions que j’ai occupées depuis mars 2008, pourtant avec passion et enthousiasme et le sincère désir de faire au mieux, non seulement pour tous les montrougiens mais aussi pour les agents de notre collectivité.
Je vous remercie de votre attention.