Tribune Montrouge Magazine – L’expression citoyenne confisquée

Tribune des élus de « La Gauche à Montrouge » – Montrouge Magazine n°110 décembre 2014 – janvier 2015

En octobre 2009, nous dénoncions dans cette même tribune la parodie d‘expression de la population, que sont les réunions de quartier à Montrouge : une fois par an, une seule question par habitant et à condition que ce soit à la réunion de «son quartier».

Aujourd’hui, pour environ 50 000 habitants. La formule n’a pas changé et les restrictions de parole se sont accentuées.

Confiscation du micro = confiscation de la parole.

Dans ces réunions, un agent de la mairie tient le micro devant la personne qui parle, celle-ci n‘ayant pas le droit de le tenir elle-même !

Cela permet de retirer la parole, à toute personne qui insisterait un peu sur une question qui fâche… Cette méthode est significative de la confiscation de la parole qui sévit dans notre ville.

Outre ces réunions annuelles, il existe officiellement des conseils de quartier, mais là aussi, la parole des habitants est confisquée.

Les conseils de quartier sont normalement des lieux d‘expression directe et de concertation ouverts à tous les acteur(ice)s d‘un quartier. Autonomes dans leur fonctionnement, ils entrent dans la chaîne décisionnelle par leurs avis, leurs propositions et initiatives, sur tous les aspects intéressant directement la vie des
quartiers.

Mais pas à Montrouge.

Vous a-t-on demandé votre avis sur l‘aménagement de la place Emile Cresp ?

Vous a-t-on informé sur les nouveaux immeubles qui surgissent de terre près de chez vous ? Des bureaux ? Des logements ?

Avez-vous votre mot à dire sur l‘accès à la piscine ou à la bibliothèque municipale.

L’essence de la démocratie est d’écouter les citoyens.

Au lieu d‘organiser un partage des savoirs d‘usage ou techniques, que chacun possède à des degrés divers et une concertation entre citoyens, agents municipaux et élus, la municipalité persiste à refuser tout dialogue, quitte à affirmer que la ville ne peut rien faire face à certains problèmes.

M. le maire, vous êtes vice-président du Conseil Général des Hauts-de-Seine chargé des transports, de la voirie et des circulations douces. Vous devriez maîtriser parfaitement les problèmes de circulation. Pourquoi ne pas mettre en place un Plan de déplacement urbain dans votre ville ?

M. le maire, les médiateurs de quartier, bénévoles formés, ont démontré que la ville peut lutter contre les incivilités si décriées dans chacune des réunions que vous organisez.
Pourquoi refusez-vous d‘étudier la mise en place de ce dispositif dans votre ville ?

M. le maire, pourquoi seules certaines associations montrougiennes participent-elles au forum des associations et non l‘intégralité de celles qui en font la demande ?

Pour votre dernier mandat, osez créer et dynamiser ces lieux de rencontre, d’écoute, de dialogue, d‘information et d’échanges.
Faites confiance à l’expertise des habitants pour enrichir la décision politique locale.