Evergreen : Révision du PLU de Montrouge

MONTROUGE – CONSEIL MUNICIPAL du  20.01.10

PLU Evergreen

Intervention de Wilfrid VINCENT

Vous nous proposez une révision simplifiée du PLU afin de lever la réserve qui pèse sur l’ancien site Schlumberger. M. Mouly en retraçant son histoire a souligné l’importance de ce site.

Je voudrais en premier lieu dire tout l’intérêt que nous trouvons à la venue du Crédit Agricole dans notre ville et nous ne pouvons que nous féliciter de ce choix mais je ne développe pas les arguments qui ont été présentés par M. Timotéo.

L’installation du Crédit Agricole peut être une véritable chance pour notre ville, en termes d’emplois et d’activités. Mais nous ne pouvons pas rester indifférents aux règles d’urbanisme que la ville pourrait adopter.

Vous annoncez votre intention de lancer la procédure pour lever la réserve qui portait sur ce périmètre afin dites-vous, et je vous cite : «dans le cadre du regroupement de ses activités, le groupe bancaire a besoin de surfaces de bureaux supplémentaires pour s’adapter à l’existant. Afin de répondre à ce besoin, il conviendrait de lever la servitude et donc pour cela de définir un projet d’aménagement global ».

Vous nous avez indiqué, lors de la commission préparatoire à ce conseil qu’il appartiendrait à celui-ci, c’est-à-dire au conseil, de définir les règles d’urbanisme qui s’appliqueront à ce périmètre.

Or, sur ce point, nous ne pouvons qu’être inquiets. Lors du Conseil municipal du 22 septembre 2004, nous avions adopté, à l’unanimité,  l’instauration d’un périmètre d’études sur le site de Schlumberger.  Je cite le compte rendu : « La mutation qui s’annonce est l’occasion pour notre ville de réfléchir au devenir de ce site. » Et le compte rendu précisait également que, je cite à nouveau : « C’est pourquoi il est proposé au Conseil municipal de mener des études approfondies dans le périmètre ci-annexé en vue d’assurer un développement et un aménagement maîtrisés des îlots le composant, notamment en ce qui concerne les équipements et espaces publics. ». Depuis, aucune information, aucun débat, aucune réflexion au sein du Conseil et encore moins avec les Montrougiens.  

Lors du Conseil municipal du 24 novembre 2004, je vous interrogeais sur le site Schlumberger en vous demandant ce qu’il en était après la délibération du mois de septembre précédent. Votre réponse n’apportait pas toutes les précisions puisque vous vous étiez contenté de répondre que vous ne pouviez, je vous cite : « évoquer vos intentions publiquement mais que cela (le sursis à statuer) aurait un usage lors de futures négociations avec l’acheteur ».

Lors du Conseil municipal du 28 juin 2006, vous annonciez votre intention d’engager une concertation préalable à la création d’une ZAC Schlumberger.

A la suite de cette délibération, le Conseil municipal adoptait, le 27 septembre 2006, une décision modificative budgétaire qui comprenait « 37 000 € de complément sur les études pour la ZAC Schlumberger ». Lors du Conseil municipal du 20 décembre 2006, vous annonciez  dans vos décisions la conclusion d’une « convention de mandat d’études entre la ville et la SEM92 en vue de la réalisation d’études pré opérationnelles d’aménagement sur le site Schlumberger et ses abords ».

Depuis, aucun débat, aucune réflexion au sein du conseil. C’est dire qu’en 5 ans, le conseil municipal n’a pas eu à débattre une seule fois de l’avenir de ce site.

La semaine dernière, vous nous avez annoncé en commission, que le Conseil municipal débattrait, enfin, et statuerait sur le devenir de ce site. Ce n’est rien moins que la loi.

Vous avez également précisé que la commission « urbanisme » va se réunir. Cette une première historique puis qu’elle ne s’était jamais réunie. Mais si la décision finale nécessitera légalement un vote du Conseil, cela ne signifie pas que les membres de ce conseil auront effectivement le pouvoir de décider librement.

En effet, comment vous croire ?

Comment vous croire quand vous nous indiquez que le Crédit agricole ne vous a pas fait connaître ses intentions sur ce site alors même que le communiqué du 11 décembre 2009 de ce groupe indique que la construction de bureaux supplémentaires est envisagée à partir de fin 2011 ?

Comment croire que le crédit agricole a engagé 425 millions d’euros, sans parler du coût de futures constructions, sans avoir quelques garanties de pouvoir achever son projet ?

Comment vous croire quand vous nous dites que vous n’avez pas d’objectif particulier sur ce site alors que la ville a dépensé plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des études sur le site Schlumberger. L’argent public pour ces études aurait-il été dépensé pour rien ?  

Comment croire que vous n’avez aucun objectif sur ce site alors que, lors de la séance 28 juin 2006, en réponse à une question que je vous posais, vous déclariez à propos de cet espace, je cite le compte rendu « Le maire répond que les deux objectifs majeurs sont la création d’un espace vert public de 10 000m² et d’une école primaire de 14 classes ».

Ce que nous pouvons constater, c’est que ce site de près de 8 hectares, soit 78 674m², est pour moitié en espace vert non constructible. Or, le projet du crédit agricole est de construire a minima 150.000 m² de bureaux, voire 200.000m². Actuellement, 40.000m², sur le site Schlumberger proprement dit, ont été rénovés et devraient être préservés. Vous avez déjà signé un permis de construire pour 20.000 autres m². C’est dire qu’il reste, au moins, 90 à 140 000 m² à construire sur les superficies restantes. Où ? Dans quelles conditions ? Et à quelle hauteur ? Cette question de hauteur préoccupe beaucoup ceux qui ont eu connaissance du projet.

A ce sujet, nous ne pouvons ignorer les informations qui circulent de la construction d’une tour de 35 étages. Nous pouvons d’autant moins les ignorer que l’examen des superficies disponibles ne permet pas de comprendre où pourraient être construits les 90 à 140.000 mètres carrés supplémentaires. Il faut que chacun ait conscience de ce que représente une tour de 35 étages, si un tel projet devait être réalisé. C’est une hauteur de plus de 100 mètres, plantée au cœur de Montrouge, qui représente plus de la moitié de la Tour Montparnasse qui fait 196 mètres de hauteur.

Le Crédit Agricole est propriétaire des lieux. Il définit son projet comme il l’entend, sous réserve du respect de la réglementation en matière d’urbanisme qui s’applique à Montrouge. De ce point de vue, je n’ai aucun doute sur les intentions de la banque qui respectera bien les règles et qui a manifesté son intention de travailler en collaboration avec la ville et le conseil municipal. Y compris sur la question de l’environnement dans le cadre d’un « éco-quartier » mais comme l’a évoqué Mme de Pablo, cette question est avant tout du ressort de la ville. En définitive, ce qui importe ce sont les règles d’urbanisme qui seront adoptées. Et sur ce point, tous les éléments que j’ai évoqués concernant l’absence totale de transparence dans votre gestion du dossier Schlumberger ne peuvent que nous inquiéter.

Vous indiquez dans le projet de délibération que la procédure comprendra notamment une concertation avec le public ainsi qu’avec les personnes publiques associées. Cette concertation comprendra une réunion publique pour, je vous cite : « recueillir leur avis sur les modifications ». A cela, s’ajouteront diverses communications sur le site internet de la ville, dans Montrouge Magazine ou par une exposition. Autant dire que votre conception de la concertation, c’est le simple respect de la loi.

Nous sommes loin du compte en matière de concertation, et plus largement de démocratie. Sur un projet d’une telle ampleur, ce n’est pas seulement le Conseil municipal qui doit débattre, ce n’est pas une simple concertation constituée principalement d’opérations de communications de la ville qui doit être organisée.  

Ce sont les Montrougiens qu’il nous faut consulter afin qu’ils puissent, non pas seulement émettre des avis sur un projet bouclé, mais décider des grandes orientations et notamment sur le point principal : construction en hauteur ou pas. Ces dernières semaines, nous avons pu constater que cette inquiétude sur la hauteur des futures constructions est largement partagée.

La procédure que vous avez adoptée, en limitant la concertation à ce à quoi la loi vous contraint, ne permettra pas de revenir en arrière si un projet qui trouverait l’opposition de nos concitoyens était finalement adopté. Il serait préférable de lancer une première phase de concertation sur un ou des pré-projets, de le ou de les soumettre aux Montrougiens et, seulement alors, en fonction de leur choix de lancer la procédure de révision.

Vous avez choisi une autre voix, celle du minimum légal que vous ne pouviez éviter. Nous ne vous suivrons pas sur cette voix, nous voterons contre cette délibération.

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