Les premiers éléments de la carte scolaire 2026, présentés par le Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN), suscitent de fortes inquiétudes dans les Hauts-de-Seine. Selon les chiffres communiqués par la FSU-SNUIPP 92, le projet actuel prévoit 74 ouvertures de classes pour 175 fermetures, soit un solde très largement négatif. Derrière ces chiffres, ce sont des conditions d’apprentissage qui risquent de se dégrader : classes plus chargées, suivi individualisé plus difficile, et pression accrue sur les équipes pédagogiques.
Le calendrier interroge également. Le projet de répartition des moyens a été transmis aux organisations syndicales le 23 mars au soir, soit au lendemain des élections municipales. Ce choix n’est pas neutre puisqu’il limite de fait le débat public sur un sujet pourtant structurant pour les familles et les communes. Ce timing rappelle celui déjà observé concernant l’abandon du projet de lycée général à Bagneux.
À Montrouge, un équilibre trompeur
Sur la commune, une fermeture de classe élémentaire est annoncée à Boileau, compensée par une ouverture à Queneau. Pris isolément, cela pourrait donner l’impression d’un équilibre. Dans les faits, cela ne règle rien des tensions existantes sur les effectifs. Les besoins restent importants, et les ajustements à la marge ne suffisent pas à y répondre.
Autre point moins visible mais significatif, l’école Aristide Briand perd 0,25 sur sa dotation DCOM RS 2026.
Le DCOM (Dotation Complémentaire) correspond à une enveloppe de moyens supplémentaires attribuée aux écoles pour tenir compte de situations particulières : difficultés sociales, besoins pédagogiques spécifiques, ou contraintes locales. Le “RS” renvoie généralement à la répartition scolaire annuelle (les moyens ajustés chaque année).
Une baisse de 0,25 signifie concrètement une réduction d’un quart de poste enseignant. Ce type de retrait passe souvent inaperçu, mais il a des effets concrets. Ce sont moins de possibilités pour organiser des décharges, accompagner les élèves ou absorber les imprévus. À terme, cela pèse sur le fonctionnement quotidien de l’école et sur les conditions de travail des équipes.
Autrement dit, il s’agit d’une baisse “invisible” mais bien réelle des moyens.
Une logique budgétaire au détriment de l’école publique
Pris dans leur ensemble, ces éléments traduisent une orientation claire : réduire les moyens alloués à l’école publique, malgré des besoins éducatifs toujours importants.
La question reste entière. Comment maintenir un accompagnement de qualité pour tous les élèves avec des ressources en recul ?
À Montrouge comme ailleurs dans le département, ces choix appellent une vigilance collective. La carte scolaire ne peut pas être un simple ajustement comptable : elle engage directement l’avenir des enfants et les conditions de travail des enseignants.
Un rassemblement contre ce projet est prévu jeudi 2 avril à 12h15 devant la Préfecture de Nanterre, avant de se rendre au Conseil départemental.

