Scandale de la crèche Maison Bleue – La majorité municipale persiste et signe

Lors du conseil municipal du 19 juin, au moment du vote de la délibération concernant la concession de service relative à la gestion de l’établissement d’accueil de jeunes enfants situé 106, avenue Aristide Briand à Montrouge, les élu·e·s du groupe Montrouge en Commun ont   interpellé le Maire, Etienne Lengereau, et sa 1ère Maire-adjointe à la Famille, à la Parentalité, à la Petite Enfance et au Bien vieillir, Claude Favra, sur deux points.

Sur le principe de la délégation au privé de la gestion de cette crèche, il est incompréhensible que la Crèche Maison Bleue doive être déléguée au privé, alors que les autres établissements d’accueil des jeunes enfants de la ville sont gérés en direct et que les services de la ville ont tout à fait les compétences pour le faire.

La gestion par le privé requière des dispositifs de contrôle et de supervision supplémentaires pour s’assurer que le délégataire respecte les règles d’accueil des jeunes enfants, qui ont été insuffisants dans la période précédente pour prévenir la survenue d’événements dramatiques dans cette crèche, événements pour lesquels nous avions exprimé notre tristesse et notre soutien aux personnes concernées.

Lors du dernier conseil municipal du 27 mars, la majorité a décidé de reconduire le principe de la délégation de service public malgré nos demandes de reprise en gestion directe. Aujourd’hui le prestataire doit être désigné.

Pour le choix de ce prestataire, il est extrêmement surprenant que la majorité reconduise le même prestataire que celui qui était gestionnaire de la crèche dans laquelle se sont produits les incidents de l’hiver dernier.

Gestionnaire pour lequel nous nous inquiétions, depuis plusieurs années, du manque d’encadrement au sein de la crèche, du turn-over, du manque de formation, de l’absence de prise en compte des retours des parents. Or, ni dans le dossier transmis aux membres du conseil municipal, ni dans les éléments de la présentation, le Maire ne présente les dispositifs qu’il a l’intention de mettre en place pour vérifier que les engagements du prestataire seront tenus et qu’il y aura un changement.

Ces questions, nous ne sommes pas les seuls à nous les poser. L’inspection générale des affaires sociales (IGAS) a audité le groupe La Maison Bleue. Dans son rapport en date du 16 juin 2025, elle a constaté des non-conformités à la règlementation, fausses déclarations, perception de prestations par des moyens frauduleux, anomalies dans les comptes sociaux, au point de transmettre un signalement au Procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, ce qui est une action que les Inspections générales n’utilisent pas à chaque rapport.

Le rapport pointe des dysfonctionnements qui portent précisément sur les taux d’encadrement, de formation des personnels, pas seulement à Montrouge donc, mais dans 49% des crèches auditées. La mission de l’IGAS a également « eu ainsi connaissance de crèches en grande difficulté et cela parfois sur un an voire plusieurs années. Elle constate, à cet égard, l’absence de processus formalisé, porté au niveau du siège central, permettant d’apporter un appui renforcé aux crèches les plus en difficulté. ». Comment, sans moyens de supervision et de contrôle, la ville peut-elle savoir si la crèche de Montrouge sera exempte de dysfonctionnements ? 

L’IGAS pointe également des « pratiques, parfois intentionnelles, de transmission d’informations erronées à l’administration ayant systématiquement pour objet de maximiser les versements de fonds publics » : comment la ville envisage-t-elle de détecter ce type de pratiques ?

L’IGAS estime que « la qualité de l’accueil dans les crèches repose sur un niveau d’engagement élevé des professionnels, qui vise à compenser, sans y parvenir systématiquement et au risque de l’épuisement, les difficultés liées à l’optimisation des ressources humaines ». Or, ce sont précisément des contextes propices à la survenue de graves incidents, comme le constate l’IGAS « malgré des situations d’effectifs dégradés associées à un manque d’encadrement technique, le nombre d’enfants accueillis est rarement diminué par le gestionnaire, et même parfois, l’accueil en surnombre se poursuit et les adaptations également ce qui ne permet pas de garantir la sécurité, la santé et la qualité de l’accueil des enfants. De ce fait les professionnels auprès des enfants sont en grande souffrance, épuisés, et le risque d’incidents, de gestes inadaptés est augmenté ».

Comment la ville envisage-t-elle de contrôler, de s’assurer que de graves incidents ne se reproduiront pas ? Faire simplement confiance au même prestataire, comme indiqué par le Maire, n’étant absolument pas suffisant et à la hauteur de la situation. 

Pour ces deux raisons, le principe même de la délégation au privé de la gestion de la crèche, et sur le choix du Maire de persister à reconduire le même prestataire sans tenir compte des leçons douloureuses de la période précédente, nos élu·e·s se sont opposé·e·s à cette délibération.

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